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L'ALBUM DU MOIS
YETI
Tapisserie
(Auto-produit / Mosaic Music)
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Les questions sont multiples à la lecture de la liste d’instruments du quatuor, lorsque parmi accordéon, saxo, contrebasse, on voit apparaître casseroles, phoques ou cochons. Au chant, Jetty, chanteuse née en Hollande, qui a joué de l’accordéon dans les rues de New York avant de débarquer à Montpellier. Son parcours est à l’image de ses chansons, atypique et mouvementé. De l’opérette au tango, de la musette au rock, avec sa voix et son charisme, Jetty nous ballade où elle veut, et ses musiciens se musardent tout tranquillement avec elle. Ce qui rend également agréable l’écoute de Tapisserie, c’est le premier degré des chansons, comme des états d’âme pris à vif pouvant nous faire passer du rire aux larmes. Dans la définition, Yeti n’est plus un monstre imaginaire mais une bête pleine d’imagination.
http://lecrideyeti.free.fr
Stéphanie Berrebi |
LES CASTAFIORES
Mange-disque
(ID records / Mosaic Music) |
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Pour tous les nostalgiques de la chanson française et pour ceux qui attendaient le troisième album, Mange Disque est enfin sorti. Les trois chanteurs, acteurs et musiciens (guitare, accordéon et batterie) revisitent les standards de la variété en donnant un aspect actuel aux titres originaux avec humour et énergie. Le trio de saltimbanques réconcilie les genres et les époques avec un naturel et une identité qui font la force des arrangements. La reprise d’Amicalement votre s’impose en parfaite intro à l’album. Par la suite, il nous invite à redécouvrir entre autres Gainsbourg et sa javanaise, Pierre Bachelet et son Emmanuelle, Françoise Hardy ou encore Michael Jackson pour passer outre-Atlantique. L’album ne se veut ni parodie, ni hommage. Il signale juste que la musique traverse les âges et ne se démode pas.
www.lescastafiores.net
Nicolas Claude |
BATLIK
Utilité
(A brûle pourpoint) |
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Le marathon des mots et des notes continue pour Batlik : quatrième année, quatrième album. Et comme à chaque fois, un nouvel instrument fait son apparition ; après la clarinette, la basse et le cornet apparus au fil des albums, c’est la batterie que l’on entend pour la première fois. On retrouve tout ce que l’on avait aimé chez lui : le propos percutant porté par une voix au timbre ensorcelant, au phrasé cadencé, le jeu de guitare inspiré. Le talent d’écriture de notre homme à chapeau ne faiblit pas, ce nouvel album est un bijou de poésie. Pour cela, Batlik n’a pas besoin de nous mener au bout du monde, l’émotion est au coin de rue, dans chaque rencontre. La grâce apparaît même dans une non-déclaration d’amour ou une salle de concert vide. Le texte, dense et rythmé, sans refrain toujours, fait mouche aussi quand il se fait politique : « l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt [...] et chaque Français se lève tôt pour pouvoir payer ses agios ».
www.batlik.com
Audrey Lavallade |
MONSIEUR MELON
Même en hiver
(5 OP Production) |
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Des petits tons de musique tzigane, des brins d’airs klezmers, des notes de jazz... Monsieur Melon, c’est un savant mélange d’univers musicaux. L’auberge fluviale pourrait même sortir de la tête abracadabrantesque d’émir Kusturica. Les cinq musiciens au couvre-chef bien rond nous invitent dans leur monde avec leur premier vrai album : il y a un an, Monsieur Melon sortait un six titres parrainé par Miro et Manu Eveno, rien que ça ! Avec Même en hiver, le groupe reprend ses précédents titres et en rajoute une couche : Les textes s’écoutent toujours avec plaisir, le swing produit toujours son effet et Mikou est toujours affublé de son chapeau Melon ! Une belle continuité pour les cinq musiciens et un album qui devrait asseoir leur notoriété grandissante dans le milieu de la chanson française.
www.monsieurmelon.com
Céline Authemayou |
MASSILIA SOUND SYSTEM
Oai e Libertat
(Adam/Wagram) |
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Gari et Lux B investis dans Oai Star, Moussu T avec Lei Jovents, et Papet J dans le dub, rien ne laissait présager cet événement et pourtant il est là. Le onzième album des Massilia est dans les bacs. On retrouve ce qui a fait leur image de marque, le Sound system, alternant reggae et ragga, à la marseillaise, dans la culture occitane, une autre France. La confusion des styles, des traditions, des langues et des époques génère un agréable égarement, une envie de se laisser aller où ils nous emmènent, en douceur ou en transe. Inévitablement, l’ambiance festive de l’album fait surtout naître l’envie de les revoir sur scène, pour retrouver grandeur nature la pêche de ces quatre MC qui se répondent toujours avec autant d’humour, et de ces trois musiciens aux multiples influences. L’avantage de se procurer ce disque, c’est de pouvoir tendre l’oreille à des textes sensibles, sur le ton révolutionnaire qu’on leur connaît.
www.massilia-soundsystem.com
Stéphanie Berrebi |
COURIR LES RUES
De l’autre côté l’herbe est verte
(Auto-produit) |
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Il faut aimer le Paris de Raymond Queneau pour jouer de la musique sous l’égérie d’un de ses trois recueils poétiques. Et avant d’aller du côté où l’herbe est verte, il faut bien regarder celle que l’on a sous ses pieds. Une mappemonde en guise de jaquette et un CD qui tourne comme une boussole aideront à y voir plus clair. Ici les rimes servent la cause des sans-logis, accusent la destruction placide de notre planète et sortent de l’ombre les rejetés d’un système trop lisse. Contrebasse, trompette, accordéon et guitares soutiennent solidement ces mots, vérité d’une ère décalée. Mais ici c’est chez nous, et s’il faut courir les rues autant le faire dans la lignée sonore des Ogres de Barback ou des Blérots de Ravel.
www.courirlesrues.com
Marie Dufour |
TOUFO
Danse avec les pingouins
(FBI Prod) |
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Cet artiste tout juste évadé du secteur zoo-psychiatrique de Monnetier (Haute Savoie) couche sur un 12 titres ses divagations maniaco-décalées. Un répertoire qui unit sans complaisance les délires décapants des Fatals Picards et la chanson minimaliste de Machinchose (tapoter Eugène Lampion sous google). Toufo, de son vrai nom Fabrice Ravier, s’acharne à dénoncer les affres sociétales et ses dérives post-soixante-huitardes. Non content de revisiter un bestiaire digne de Bernard Dimey, il dépeint des supers héros venus du Groenland ou titulaires d’une carte vermeille. Les chameaux se payent des cuites hebdromadaires, les pingouins se baladent avec des posters de Lara Fabian pour éloigner les ours, sans compter les problèmes existentiels de Raoul le Rat-Sta au destin contrarié. L’orchestration volée à Charly Oleg laisse tout loisir à l’artiste de développer son argumentaire avec précision et profondeur. Pour ne rien laisser au hasard, la pochette est signée Zep, papa de Titeuf.
www.toufo.net
Jean-Hugues Mallot |
FANNYTASTIC
Plusieurs
(Pudding Productions) |
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Sorti le 17 septembre, Plusieurs est le deuxième opus de Fanny Chériaux, alias Fannytastic. Auteur de ses nouvelles compositions, la jeune femme ne manque pas d’audace et a su créer un univers plutôt surprenant, qui se remarque dans le monde de la chanson pop. Ce répertoire personnel et atypique est mis en valeur par son chant original de part son côté sauvage et tendre à la fois. En effet, sa voix est à la fois tranchante et mélodieuse. Elle joue également du piano et de l’accordéon, entourée d’hommes qui s’affairent à la batterie, à la guitare, à la basse, au saxophone, à la trompette, au trombone et au bugle. Pour vous faire une idée, rendez-vous sur http://fannytastic.legroupe.free.fr
Céline Moineau |
MARIE CHERRIER
Alors quoi ?
(Caroline Productions) |
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On l’attendait ce deuxième album de Marie Cherrier. Très personnel, il arrive avec sa part de mots cinglants, percutants et touchants que la voix de l’artiste porte suavement. Toujours le même bonhomme sur la jaquette qui a troqué son vélo pour un avion. Alors quoi ? Des textes sous forme de contes comme cette funambule prise à son fil qui perdra son amour pour la liberté ; une déclaration d’amour pour Renaud, qui cache désormais un peu trop sa révolte ; et puis des vers, vent de colère contre ces guerres inutiles. Dix titres, certains très intrigants par leur message comme Tourterelle ; d’autres plus attendus dans la lignée du précédent opus mais où la poésie nous rattrape et nous colle à ses fils, faisant de nous les pantins d’une marionnettiste efficace.
www.mariecherrier.com
Marie Dufour |
MAX MARGUERITE
Naturellement
(Auto-produit) |
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Un peu, beaucoup, à la folie (facile), la Marguerite s’effeuille au rythme dépouillé (comme le graphisme de la pochette) d’un son des plus énergiques. Cette production résolument sobre dans les arrangements parie sur l’efficacité. Les cinq comparses nés dans les sillons du jardin des Dominique A, Little Rabbits et autres Dolly proposent un registre généreux de spontanéité. Depuis plus d’une décennie, Nantes abrite un creuset de rockeurs pur beurre et cette formation ne déroge pas à la règle pour son premier album. Le jazz manouche s’invite sur certains titres permettant d’apprécier la voix rauque de Pascal Berlin. Ce dernier semble parfois emprunter avec bonheur les cordes vocales d’Yves Jamait sur Rue des Martyrs, Riton ou La musique adoucit les meufs. Pour revenir à l’effeuillage de notre belle fleur jaune, le concept est poussé à son paroxysme puisque le livret ne comprend qu’un feuillet plié en deux nous privant ainsi des paroles de ces douze titres.
www.maxmarguerite.com
Jean-Hugues Mallot |
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ADRIEN MALLAMAIRE
Parasite contrôlé
(Otema productions) |
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Comment décrire l’univers d’Adrien Mallamaire... Personnel. Et c’est sans doute le plus beau compliment que l’on puisse faire à un artiste. Difficile de ranger ce jeune auteur-compositeur dans des cases musicales. Swing, rock, jazz manouche, il touche à tout. Pour son premier album, ce guitariste autodidacte à l’imaginaire débordant nous plonge dans son univers empli de poésie. Parasite contrôlé, c’est un ensemble de petites histoires, une sorte de bestiaires où se côtoient animaux étranges et mondes fantasmagoriques. Textes aux accents doux-amers ou à l’humour ravageur, Adrien Mallamaire manie la plume avec délicatesse. Mention spéciale pour Plein le bec... Sans mauvais jeu de mot, ça sent le vécu ! Un premier album prometteur, pour celui qui est « déjà différent et c’est bien », dixit son copain Sanseverino...
www.myspace.com/mallamaire
Céline Authemayou |
ORWELL
Le Génie Humain
(Twin Fizz Records) |
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Loin de nous l’idée de jouer les Big Brothers. Nous ne vous regardons pas, nous ne vous dirigeons pas... Néanmoins, Orwell contrôlera vos pensées, douze titres durant. oeuvre presque aussi fourbe que le 1984 de Georges, Le Génie Humain s’impose à vous. Classes et aérés, presque épurés, les arrangements sont un enchantement de chaque instant. Une ambiance parfois so british, façon Beatles (Sun Holiday) qui balaie bien vite le scepticisme glacial de la première écoute. L’univers est en place : graphique et sans frontières. Il est alors facile de se laisser séduire au gré d’humeurs boisées (Septembre) ou plus orchestrales (Le Bon Endroit). Avec une musique protéiforme en mutation constante, à l’image de son artwork soigné, Orwell aura tôt fait d’asseoir sa mainmise sur l’auditeur crédule...
www.orwellmusic.com
Noesis |
LE PEUPLE DE l’HERBE
Radio blood money
(Supadope /Pias)
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Voilà déjà le quatrième opus du groupe Lyonnais. Et pour l’introduire, une maxime qui en dit long sur le reste du disque,
« l’avenir c’est maintenant ». Nous faisons un bond vers l’an 2032, où le virtuel dépasse presque le réel, où les erreurs du passé et d’aujourd’hui sont les catastrophes de demain. D’ailleurs, le titre de l’album est une référence directe à Dr Bloodmoney, roman de l’auteur de science-fiction Philip K. Dick, sur l’apocalypse nucléaire. Cet album prend la forme d’Un manifeste pour une conscience historique, à travers des musiques tout aussi évocatrices que les textes, où les montées rock sur ce fond de dub/ hip-hop bien connu, rappellent l’urgence de la situation. En tournant autour du concept de disque de science-fiction, Le Peuple de l’Herbe se démarque encore une fois des groupes d’électro actuels, et à l’heure de la rentrée, voici une bonne leçon d’Histoire.
www.lepeupledelherbe.net
Stéphanie Berrebi
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FROLO
La moindre des choses
(Auto-produit)
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Frolo c’est le nom d’un personnage imaginaire qui vit dans notre monde. Il se glisse dans toutes les peaux de rêveurs, de poètes. Frolo raconte des fables modernes, des tranches de vies quotidiennes d’un point de vue décalé. D’ailleurs, les chansons sont toutes rassemblées dans un recueil illustré, Eh dis moi Frolo, qui se dévore, tellement la finesse d’esprit et de la plume sont présents. Dans une ambiance rétro, aux confins du jazz, du tango ou encore de la java, un petit monde joyeux se construit autour des frères Caruana. Pour ce second album, la formation guitare/piano s’enrichit d’une contrebasse et de percussions, orientant le groupe vers un univers plus swing. Autant dire que la moindre des choses quand on aime la chanson, c’est d’écouter Frolo.
www.lesfrolo.com
Stephanie Berrebi |
CHOZPAREI
L’autre bout du soir
(Les cruches à Nelly)
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Au premier abord, la qualité créative de la pochette et du livret nous charme par son originalité faussement naiive. Cette sensation de perfectionnisme se confirme rapidement à l’écoute du troisième album des Montpelliérains. Les sujets abordés sont originaux et variés, le style est soigné, tout autant que la musique qui leur sert d’écrin. Cette nouvelle création respire la maturité tout en magnifiant la fraîcheur festive, marque de fabrique de ce groupe depuis 2001. Chozparei nous gratifie d’un rock acoustique fouillé, à la croisée de Têtes Raides, Debout sur le Zinc et autres Ogres de Barback. Le choix des instruments et la dextérité des six musiciens permettent de mélanger et d’assumer sans complexe des influences intercontinentales pour un rendu festif et coloré. à noter la présence de deux instrumentaux de haute tenue prouvant s’il le fallait que ce groupe maîtrise le discours sans la parole.
www.chozparei.com
Jean-Hugues Mallot |
SPY
Sur les lignes à haute tension
(Mosaic Music)
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Près de trois ans après leur premier album 42, Spy est de retour avec un rock sous haute tension. Un son électrique, saturé à la mode des années 80, plus imposant et plus précis que dans leur opus précédent. Influencé par les grands noms de la scène comme les Pixies ou encore Nirvana, Spy impose son rythme en deux chansons incontournables I want you ohh ! et Sex & Glory. Insufflant une énergie débordante dans leurs créations, ces artistes mêlent rifts déchaînés et balades plus intimistes comme La complainte des amants des noces de carton en duo avec Gaëlle Bizouarn. Un mélange ambitieux de rock à l’anglaise sous titré en français qui plaira aux oreilles les plus difficiles. Bougez, criez, sautez, voici un bon résumé de ce CD.
http://spygroupe.free.fr
Claire Thibault |
CLOCK
Le manifeste des hommes-briques
(Monstre Gentil Label)
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Dark City. Une fuite permanente. Sur des rythmes syncopés, Clock remet les pendules à l’heure de la contestation. Décret national : Le manifeste des hommes-briques est une oeuvre dangereuse, subversive. Les bas-fonds et leurs odeurs stupéfiantes enivrent. L’absinthe coule à flot à Griville. Le chaland est happé dès les premiers tours de bobines. Album conçu en cinémascope noir et blanc, ce brûlot hantera vos nuits les plus agitées. Des murmures, des cris, un piano lancinant... Bienvenue au cabaret d’enfer. Jour de comité : à l’étude, cinq malfrats qui pillent le cerveau des honnêtes gens. Leur post-rock ténébreux angoisse. Sueur froide, impossible de ne pas succomber aux arrangements tortueux de ce club des cinq éventreurs. Clock tourne les aiguilles dans la plaie. à coeur ouvert, l’auditeur sort de ce sombre voyage, épuisé. Fasciné.
www.clock.fr
Noesis |
JAMES DELLECK
Le cri du papillon
(tôt Ou tard)
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Après Acouphène, EP sorti en 2002, James Delleck se défend à nouveau en solo avec Le cri du papillon qui souligne d’un bout à l’autre le passage de l’enfance à la maturité. Loin des clichés du rap français, l’auteur, seul face au micro et aux machines, nous offre un album tout en progression et montées en puissance. D’une voix posée ou d’un flow incisif, James Delleck donne vie à plusieurs personnages lui étant plus ou moins proches ou habités. D’une vision poétique et quasi cinématographique, l’artiste se plonge même dans la peau d’une gouttelette ou d’un réverbère... Les instrus électros sont créatives, expérimentales et finement pensées. Sa force : il sait nous faire monter en pression comme nous émouvoir au son du violoncelle. Seul bémol, on reste frustré face à la longueur des titres qu’on aurait aimé entendre durer...
www.myspace.com/delleck
Nicolas Claude |
OLIVIER ANGELE
Insomnies
(Comotion)
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Les yeux mi-clos, la tête semblant chercher le repos, Olivier Angèle a tous les signes de l’insomniaque chronique. Ces heures sans sommeil, cet artiste touche-à-tout semble les avoir consacrées à la musique et à la conception de son album. Les douze pistes offrent un large éventail d’ambiance - passant du jazz à la chanson en passant par la pop et le funk - et distillent une certaine quiétude qui s’agite au gré des sonorités qui apparaissent ici et là. On entendra même un extrait de discours du philosophe Michel Onfray dans Désir, j’connais que toi et une adaptation de Strange Fruit de Billie Holiday. La folie douce d’Arthur H peut se retrouver, mais on ne peut s’empêcher de pester quelquefois sur des textes un peu légers, que l’on aurait aimé avoir au même niveau que les arrangements musicaux. Un petit rien pour ce disque que l’on vous conseille néanmoins d’écouter !
www.myspace.com/oangele
Benjamin Valentie |
JONATHAN BENISTY
Abdominal
(Ubik Production)
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La pochette nous met sur la voix, l’ancien bassiste des Fatals Picards a recollé mille morceaux d’une vie pour produire ce disque. Le rock symphonique prend de nouvelles teintes grâce aux milles idées pour les arrangements de l’auteur/compositeur. Violoncelle, Rhodes et piano viennent donner une teinte toute particulière aux guitares sèches et électriques. La voix cassée de Jonathan n’est pas non plus sans son charme, c’est seulement dommage qu’il n’ait pas toujours les mots pour exprimer ce qu’il ressent. Il manque un peu d’adresse dans sa plume. Et, malgré tout, l’écriture prend des tournures thérapeutiques, prit dans l’enfermement et désireux de s’enfuir, il veut quitter la camisole, avant de partir à la dérive. Et les mélodies expriment assez de sentiments pour faire abstraction du reste, elles sont puissantes voire poignantes et font de ce disque un petit trésor à découvrir.
www.jonathanbenisty.com
Stéphanie Berrebi
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SYLVAIN PICOT Tout le monde pareil (Auto-produit)
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Tout le monde pareil est la chanson titre du nouvel album de Sylvain Picot, et reflète l’esprit général de ce deuxième opus. En effet, c’est d’un oeil légèrement critique, mais aussi avec de l’humour, que Sylvain nous décrit la vie quotidienne, et aborde les questions qui ont forcément au moins effleuré l’esprit de tout un chacun, le tout d’une simplicité efficace. Contrairement à son premier album où Sylvain oeuvrait seul, sa guitare et sa voix sont soutenues par une section rythmique (guitares, basse et batterie), ainsi que par un accordéon, des saxophones, du violon, des choeurs, et même des cuillères ! De la bonne chanson française, quoi ! Sympathique et relevé, sans prétention, cet album a le mérite d’être découvert pour ceux et celles qui ne le connaissent pas encore.
www.sylvain-picot.com
Alex Schalaire |
ZONG
(BI-(P)ole)
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Et de trois ! Après Chromozong en 2001 et Paradis thematik en 2006, le trio Zong , originaire de la Réunion, nous offre l’album Fractures. Un album comportant des textes le plus souvent surréalistes interprétés en anglais, français et créole. Le premier groupe à avoir osé mélanger musique électronique et musique traditionnelle continue avec ce nouvel opus sa recherche sur le son. Drum’n’bass, punk, dub, électro, maloya (musique traditionnelle de l’île, le blues réunionnais en quelque sorte), toutes ces tendances se côtoient, s’entremêlent et se croisent dans cet album hétéroclite, symbole d’une recherche musicale en constante évolution. Inventif, ouvert et futuriste.
www.zong.mu
Grégory Couvert |
ONZE H30
Eponyme
(Prikosnovénie)
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Onze H30 propose onze titres (il
fallait s’y attendre !) pour quarante-cinq minutes d’écoute (et non pas onze heures de morceaux, petits malins !). Depuis peu dans les bacs, cet album éponyme allie puissance et émotion notamment avec la voix de Clémence, très agréable à l’écoute. Cette formation qui contient entre autres, guitare, accordéon, batterie, trompette et bass synthé propose du rock mêlé à de l’électro. Un élément récurrent de ce CD est que le groupe réussit à faire passer avec complaisance à l’auditeur des textes surréalistes et empreints de poésie. Ils s’adonnent également à la reprise en interprétant L’enfant maquillé, écrit et composé par Bernard Dimey et Charles Aznavour.
www.myspace.com/onzeh30
Isabelle de Ponteygnan |
STAEL
Le temps de dire ouf
(AZ)
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Quelques manières dans la voix pour le style et les mots bien articulés, Stael chante des amours torturés et des questions existentielles sur des mélodies bien mises. Lorsque les airs séduisent l’oreille, lorsque les rythment nous saisissent, les textes des premiers kilomètres suivent rarement, rompant alors une harmonie dans un couple qui pourrait pourtant prendre de beaux départs. Puis, vient Héloise, le verbe s’engaillardit, la voix se casse et un piano de saloon sautille sur un beat viril. Stael prend alors du galon. Ana, relève-toi ! opte aussi pour des guitares plus burinées, à faire bouger les premiers de la classe. Gaspard dans le tipi remet le couvert avec des claviers dance-floor et un flow plus aiguisé. Stael mérite alors sa tribune et sa place en terrasse pour cet album bien léché, telle une glace trois parfums qui laisserait en bouche des saveurs familières mais servies avec amour.
www.stael.fr.st
Arnold Faivre |
BENOIT DOREMUS
Jeunesse se passe
(Capitol)
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Le marcel qui flotte et l’Opinel à la main droite, Benoît Dorémus nous ferait à première vue changer de trottoir. Mais nous prenons le risque de croiser ce drôle d’oiseau et de laisser traîner une oreille. D’entrée, ça balance du verbe, ça rap parfois, ça sent la sueur et le souffre. à peine dans les cordes, on passe pourtant du cuir au velours, des lames affûtées au pistolet à eau, comme dans un West side story au beurre blanc. Benoît semble aussi bien escalader les grillages que le coeur des filles. Mais peu importe la couleur et le décor, la voix reste brute et gouailleuse. Quant à la plume... certains y verront un esprit rock et authentique, d’autres une rage qui sonne faux et qui perd toute sa force dans une vulgarité parfois puérile. Comme s’il fallait chialer plutôt que pleurer, gerber plutôt que vomir. Reste à choisir entre le gant gauche ou le droit pour donner le change. Les ambidextres s’en sortiront peut-être mieux.
www.benoitdoremus.com
Arnold Faivre |
JEAN-LOUIS MURAT
Charles et Léo
(V2 music)
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Baudelaire, Ferré et Murat ? Trois époques et un même amour, celui de la poésie. Après deux albums sur des textes de Charles Baudelaire, Léo Ferré avait de nouveau composé sur une vingtaine de poèmes des Fleurs du mal. L’album n’était pas sorti et les maquettes avaient été confiées à son fils. Le choix de Matthieu Ferré s’est porté inévitablement sur Jean-louis Murat qu’il considère comme « l’héritier de son père ». D’un trio en or ne pouvait qu’accoucher un album en or. Les sensibilités des trois artistes se retrouvent parfaitement pour une harmonie totale. La musique est épurée, servant le texte à sa juste valeur. Ajoutez à cela, la voix de Murat et vous aurez tout compris. L’album est distribué avec un sublime DVD, quatorze titres piano/voix. Sublime.
www.jlmurat.com
Mathieu Gatellier |
RAGEOUS GRATOONS
In concierto live
(Irfan le label)
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Les Rageous, ce sont six musiciens, une quinzaine d’instruments traditionnels et plus de dix ans de concerts devant des spectateurs conquis et avides de voyages. Atypique et inclassable, le groupe est au confluent de diverses sonorités et influences. On retient essentiellement leur amour pour les pays de l’Est, mais c’est sans oublier des attirances arabes, grecques, argentines ou encore dub. L’album est un tour du monde avec différentes escales où le chant roumain dénonce les problèmes et injustices de la Terre. Depuis leur quatrième album, ils se sont même estampillés post nuclear music et brocante stylee. Il était temps de sortir un live pour concrétiser le dynamisme et la maîtrise de chacun des instruments sur scène. Après 80 minutes d’écoute, on a vraiment du mal à croire qu’ils sont Bordelais...
http://rageousgratoons.free.fr
Nicolas Claude |
CHARLINE ROSE
A genoux
(AMC/EMI)
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La pochette déjà nous en dit long sur la nature de l’album : une femme aux épaules nues, au rouge à lèvres vermeil, les yeux bandés d’un ruban noir, un papillon tatoué au creux de l’épaule... Le deuxième opus de Charline Rose, vaguement fleur bleue, ravira sans doute une partie des adolescentes mais plus difficilement les femmes endurcies par une ou des ruptures(s) amoureuse(s), thème central de l’album. Pourtant, accompagnée du parolier Jacques Duvall et du compositeur Fred Momont, le trio est on ne peut plus parfait. Des textes et des mélodies simples, une voix grave et chaleureuse... La marque de fabrique de certaines chanteuses qui ont réussi... À suivre...
www.charlinerose.com
Claire Caquel |
LA RUDA
Les bonnes manières, versions légères et acoustiques
(Irfan le label)
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S’il fallait définir cet album, il ne faudrait pas plus de sept lettres : plaisir. La Ruda revisite une partie de son répertoire pour nous offrir onze titres acoustiques. Quelle belle idée et quelle réussite ! Cet opus permet de redécouvrir ce groupe mythique, de l’aborder d’un autre oeil tout en prenant autant de plaisir que sur les précédents. Plus qu’un changement, cet album paraît être une évidence dans leur parcours. Ne croyez pas que l’acoustique fait perdre l’énergie et la folie, bien au contraire, elle se dégage d’une autre manière, avec un nouveau souffle. Chaque instrument gagne en présence et en intensité, ce qui donne irrémédiablement envie de voir le résultat sur scène. L’album plaisir de cette fin d’année !
www.laruda.fr
Mathieu Gatellier |
LOFOFORA
Mémoire de Singes
(At(h)ome)
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Les albums de Lofofora se suivent mais ne se ressemblent pas, et après 18 ans d’existence, c’est un vrai plaisir de les entendre se renouveler toujours autant. Les Lofo font un retour bien énervé, rejouant sur le thème : « Les gens sont comme des animaux... » De Mémoire de Singes, titre éponyme, à Nous autres, évoquant l’évolution de l’Homme dans l’obscurité de la cave, la thématique principale est posée... Au milieu de tout ça, la plume toujours aussi critique de Reuno s’attaque à la religion « saigner pour le Seigneur » (Comme des bêtes), au patriotisme, avec un clin d’oeil à La Marseillaise dans Tricolore... Cet album replonge Lofo dans un heavy-métal bien acéré à base de batterie ravageuseet de guitares bien saturées, mais la basse reste toujours très groovy. Si la pochette vous paraît différente des précédentes, c’est qu’elle est dessinée par King Ju de Stupéflip, également en guest sur un morceau du disque... Lofofora s’exprime toujours aussi bien, et nous défoule comme au premier jour !
www.lofofora.com
Stéphanie Berrebi
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DOMINIQUE A
Sur nos forces motrices
(Cinq 7)
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Ce disque manquait indéniablement à la discographie de l’artiste. Imaginez : huit opus et toujours pas de live ! C’est désormais chose faite. Sur nos forces motrices s’inscrit dans la lignée de L’Horizon, sorti en 2006. Même univers planant
et frissonnant, accompagnements peaufinés... Il faut bien reconnaître que les surprises viennent rarement des lives. Mais tout de même : deux titres inédits et quelques réarrangements d’anciennes chansons. Les fans des
premières heures apprécieront le choix éclectique des titres, Dominique A ayant puisé dans ses plus anciens albums - La Mémoire neuve ou La Fossette - comme dans ses plus récents, L’Horizon ou Tout sera comme avant (2004). Et ce qui ressort, c’est paradoxalement une homogénéité, une patte Dominique A plus que jamais mise en avant : une pop discrète comme le personnage mais rudement efficace.
www.commentcertainsvivent.com
Céline Authemayou |
L’HERBE FOLLE
Au 12+1
(Auto-produit)
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Dans un monde envahi par une végétation luxuriante, les quatre musiciens se réfugient Au 12+1 d’une librairie penchant sous le poids de cette herbe folle. Jacquette féerique comme leur site internet aux papillons agités, on imagine les notes sortant de ce lieu turquoise, « ouvert ». Le temps n’a pas d’importance quand passe l’idée souvent revendicatrice d’un monde lisse. 31 secondes suffisent à Réveiller les mous et 7 minutes à rappeler le négationnisme des colonies. On se laisse emporter par envie avec La Louise dans un voyage sensoriel mélange de percus, guitares et saxos. Sous la grêle, l’accordéon et la contrebasse répondent au chant de la clarinette. Entre musique proche du klezmer et chanson intimiste, jazz et ska, domine pourtant une influence évidente de musique traditionnelle juive.
www.lherbefolle.com
Marie Dufour |
CLOUMAN
Clouman se lance... Tout le monde s’en fout !
(Auto-produit)
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Il le dit lui même :
« Mon rêve d’adolescent est enfin accompli. » Clouman, vétérinaire de profession a soulevé bien des montagnes pour réaliser ce disque qui n’a pas été fait pour révolutionner la musique ni pour conquérir les foules. Il a été fait par plaisir et pour en donner aux gens curieux qui l’écouteront. La défense de la nature, l’amour, les rapports entre individus sont évoqués de manière enthousiaste. Coté musical, on perçoit une pointe de nostalgie pour la chanson des années 80 style Capdevielle, Renaud ou Jean Jacques Goldman... on abuse d’ailleurs un peu sur les riffs rageurs de guitares et sur les breaks de batterie. Cependant, on doit bien l’avouer, la joie avec laquelle jouent les musiciens et chante Clouman fait plaisir à entendre et on n’hésite pas à remettre le CD une fois terminé, pour bien se rendre compte du travail de titan réalisé par le petit poucet Clouman.
www.clouman.com
Guy Lusa |
LA REPUBLIQUE DU SAUVAGE
Constitution de la république du sauvage
(Irfan le label)
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Dernier projet en date pour les Hurlements d’Léo qui s’associent au célèbre trio d’avant rock italien, l’Enfance Rouge pour enregistrer cette constitution après une série de concerts en commun. Il faut oublier chacun des refrains connus des groupes pour appréhender l’album. Onze compositions et une reprise en font un disque unique. L’atmosphère ne conserve que l’esprit révolutionnaire des deux formations. L’ambiance sombre et oppressante se pose sur des textes solides et puissants chantés en français et italien. Percus, cuivres et guitares nous plongent dans un film imaginaire ou des scènes de rue et de militantisme s’enchaînent. On pense parfois à Noir Désir dans quelques aspects obscurs. L’ensemble a la couleur de la nuit, l’odeur de la fumée et le goût du sang.
www.myspace.com/republiquedusauvage
Nicolas Claude |
JAWARIT
Eponyme
(Yotanka productions)
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Jawarit c’est la rencontre entre Rit un homme-orchestre à la plume sensible et à la voix douce et le groupe Jawa, originaire du Bénin qui utilise différents instruments traditionnels africains. Balafons et tambours d’eau des Jawa côtoient l’harmonica et les guitares reggae du chanteur Rit de manière étonnamment harmonieuse. Certains titres comme Bongo Man font référence aux chants d’esclaves africains. Des textes, en grande partie écrits par Rit, qui dénoncent les conditions de vie souvent difficiles des peuples africains (Écoute) ou abordent l’aspect négatif de la religion (Mon étoile) mais qui sont aussi remplis de l’espoir de voir l’Afrique se reconstruire (Main dans la main, La rivière). Cet album est la parfaite réussite d’un métissage entre deux cultures différentes.
www.jawarit.com
Laure Boulaud |
HISTOIRE DE...
Eponyme
(Auto-produit)
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En ces temps de dérèglements climatiques, chacun cherche son petit blouson chaud. Monsieur le rock semble avoir trouvé le sien avec Histoire de... Un premier album éponyme et une ambiance d’ores et déjà personnalisée, sombre, très sombre. Car là où leurs riffs bien sentis façon Placebo première mouture auraient pu se perdre dans la masse jeune rock français, les yvelinois créent le déclic. En effet, la formation basique guitare/basse/batterie se trouve étoffée d’un violoncelle. Leur musique n’en devient que plus profonde et nuancée, voire vertigineuse sur certains morceaux comme L’exutoire. Côté textes, pas de révolution, et même quelques associations maladroites, que l’on pardonnera, car compensées par une véritable énergie scénique ! On en oublierait quasiment qu’il s’agit d’un premier essai, tant Histoire de... pose ses règles. Un album rock bien léché, en appelant un second, histoire de les voir grandir.
www.histoirede.com
Antoine Mallot |
DEPORTIVO
La brise
(Le Village Vert)
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Branchez les guitares, oubliez les accessoires et les refrains adolescents. Déportivo nous revient avec cette fougue sensuelle et spontanée qui nous charmait déjà sur leur premier opus. Trois ans déjà, un tour de France en tandem avec Luke et revoilà le trio rock français le plus inspiré de sa génération. En marge des baby-rockeurs à mèche déjà has been, Déportivo s’inscrit plutôt dans une chanson française électrique, de celle qui a soif de pogo et de slam dans l’arène. Une chanson qui trébuche, titube, brille par son surréalisme. Déportivo chante du Brassens à l’unisson et reprend Les bières aujourd’hui s’ouvrent manuellement de Miossec. Au final, le mariage entre cette plume gorgée de métaphores, romantique au sens propre - Je me souviendrai des beaux jours, des roses et des lumières / Toi qui parfumais la ville la nuit tout entière -, et ces riffs efficaces est encore réussi. Rendez-vous alors dans La brise ou Là-haut sur la colline. À vous de choisir.
www.myspace.com/deportivoofficial
Arnold Faivre |
BARTONE
Les Enracinés
(Jive Epic)
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Le sens de la mélodie imparable. Les enracinés mettent à genoux. Bartone signe là un brûlot rock abrasif. S’aventurer aux creux de ces douze chapitres, c’est un peu comme allumer sa première cigarette. La dépendance sournoise s’immisce dans nos vies. Une voix venimeuse s’inocule en veines, lentement. L’envie dangereuse d’y revenir. Première bouffée, dernier espoir de s’en sortir. Le refrain d’À Genoux allume la flamme. Ma Chère Ex, le single à paraître, attise d’autres plaisirs planants. Une histoire d’amour tiède qui brûle de plus en plus. Incroyablement dansant, le titre fait des merveilles. Le temps de reprendre ses esprits, d’en griller une autre et de s’inscrire au Fan-club qu’on ne réalise pas ce qui se trame au-dedans. Bartone, chaînon rock manquant entre Da Silva et Mickey 3D roule vers un succès programmé. Faut-il vraiment que je développe ? Inutile, Bartone. Tu ne mourras pas prématurément.
www.myspace.com/bartoneblog
Noesis |
PATRICK VERBEKE
Bluesographie
(Harmonia Mundis)
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Les plus jeunes d’entre vous doivent déjà écarquiller les yeux en se demandant qui est ce Patrick Verbeke. Et bien je vous rassure, ce n’est pas un sextagénaire qui s’est réveillé un matin en se disant qu’il pourrait lui aussi faire un album. Cet homme-là est un des piliers du blues français et il sort avec Bluesographie son dixième album solo. Je vous passe toutes les étapes de sa carrière puisque cet album les raconte justement. À vous donc le plaisir de retracer sa vie faite de voyages, de rencontres et de blues ! Si le blues est la musique du coeur, Verbeke en est le sang. Album complet, sensible, poignant, où la guitare bien évidemment très présente offre des moments de pur bonheur. Un véritable album blues.
www.patrick-verbeke.com
Mathieu Gatellier |
LEO D’EN BAS
Avec Passion
(Sergent Major)
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Pour cette nouvelle édition, Léo d’en bas nous plonge dans un univers où l’intimité et la vie publique se mêlent au gré des envies de chacun des membres du groupe. Instrumentalement, la combinaison classique, composée d’une guitare, d’une basse, d’une batterie et d’un piano, semble fonctionner à merveille. On peut seulement regretter que la voix de J.C Bianco ne soit pas aussi bien adaptée aux chansons dynamiques qu’elle ne l’est pour les chansons intimistes. Il faudra donc se satisfaire des balades mielleuses au gré des notes si suaves et indiscrètes que libère le piano. À vous de voir ensuite si vous préférez l’amour sombre de l’état des lieux ou une Ambiance de fête plus joyeuse. Mais limiter LDB à cela serait bafouer tout leur talent. On les retrouve donc engagés en politique dans Je lève la main droite...et je dis je le jure ou parodiant la célèbre Aline de Christophe. En bref, une dose d’originalité qui sait plaire.
www.myspace.com/leodenbas
Claire Thibault
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WEEPERS CIRCUS
Tout n’est plus si Noir...
(XIII Bis Records/SonyBmg)
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Il est bien loin le temps des rencontres humaines et musicales dans un lycée Strasbourgeois fin des années 80... Même en étant bien renseigné ou aficionados, il est quelque peu difficile de comptabiliser la discographie du groupe Weepers Circus, après presque déjà vingt ans de carrière. En effet, à ce Tout n’est pas si Noir... qui semble être le sixième album du combo, viennent s’ajouter de nombreuses collaborations auprès des Ogres de Barback, Olivia Ruiz, un hommage à Georges Brassens et d’autres compilations diverses. Quelle richesse ! Ils nous montrent là qu’ils sont malgré tout bien loin de s’essouffler et nous ont concoctés un album aux influences musicales éclectiques, bien à leur image, pour ainsi mettre en valeur des textes bruts et corrosifs. On y croise ici et là Mathias Malzieu, la troublante Irène Jacob et l’infatigable Olivia Ruiz. Superbe !
www.weeperscircus.com
Ben Callens |
CONSTANCE VERLUCA
Adieu Pony
(Warner Music)
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Constance Verluca est un beau brin de fille qui a mis du temps à enregistrer Adieu Pony. Douze titres écrits et composés à quatre mains avec Julien Hirsinger. Il faut dire qu’avant cette nouvelle aventure, ils formaient un duo maudit, Pony, qui n’avait pas rencontré le succès escompté. La musique pour seule constance, la demoiselle arrive aujourd’hui à ses fins : faire rire le public de ses petits déboires, de ses petites histoires allant de la cour d’école à la croix. N’allez surtout pas croire qu’elle joue sur la corde sensible de la mélancolie ou de la nostalgie. Constance se permet tout bonnement d’être ironiquement drôle avec charme et élégance. Si sa musique est folk, ses paroles sont très rock’n’roll. étant Majeure depuis longtemps, elle n’hésite pas à entonner Je simule, ou encore : « Vive le chocolat, l’héroine et la vodka ! » Amis de la plume et de la poésie, vous allez adorer Constance !
www.myspace.com/constanceverluca
Sarah Vert |
CRE TONNERRE
Quatre rhums à la mer
(Ti-Ta productions)
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Quatre rhums à la mer ! Quatre rhums à la mer ! Non ne vous affolez pas, il s’agit tout simplement de l’album de Cré Tonnerre. édité tout spécialement pour la France, il regroupe des titres des deux précédents albums du groupe, qui étaient sortis en Belgique uniquement. Ces quatre pirates nous offrent ainsi pas moins de vingt et un chants de marins entraînant immédiatement à la danse ou donnant envie de pousser la chansonnette ! à l’écoute de cet album, on se prend d’amitié pour cet équipage surprenant constitué de Viking, Flibustier, Mousse et Pirate, armés de guitares, flûte, accordéon, percussions et autres instruments pour seule défense du navire. L’album est d’autant plus festif accompagné d’une bière au rhum « Cré-tonnerre » car le groupe a une bière à son nom ! Tonnerre de Brest !
www.cretonnerre.be
Laure Boulaud |
TIKEN JAH FAKOLY
L’Africain
(Barclay)
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à contre-courant de la politique d’immigration du gouvernement Sarkozy qui annonce en cette rentrée plus de 25 000 expulsions de sans-papiers par an, Tiken Jah
martèle haut et fort « Ouvrez les frontières ». Dans la continuité de ses albums précédents, il chante les malheurs de l’Afrique et la dureté de l’Occident, mais aussi la richesse sans égale de son continent ; Tiken Jah se balance entre tradition et modernité, entre combat et espérance. Aidé notamment par la plume talentueuse de Magyd Cherfi et par des duos avec Soprano ou Akon, Tiken Jah réaffirme ses engagements d’homme et d’Africain contre l’excision ou le mariage forcé, contre l’image portée par les médias d’une Afrique de la sécheresse et de la famine ou sur la nécessité de partir pour échapper à sa condition. Enregistré à Bamako, L’Africain nous rapporte tout ce qu’on avait aimé : l’engagement de sa parole, le son
reggae teinté de cuivres chaleureux, d’instruments mandingues, des samples hip-hop et son parler attachant.
www.tikenjah.net
Audrey Lavallade |
ENZO ENZO
Chansons d'une maman
(Naive jeunesse)
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Enzo Enzo s'adonne à la chanson pour enfants en interprétant quelques classiques de la chanson française des années 30 à 60. Chansons d'une maman est l'adaptation de onze titres du patrimoine culturel pour les jeunes pousses « qui ont des mamans et des papas qui aiment les chansons de leurs papas et de leurs mamans. Et inversement... » Le disque débute par la chanson célébrissime et bien nommée Le loup, la biche et le chevalier, chantée par Henri Salvador et mieux connue sous le titre Une chanson douce. Elle enchaîne ensuite sur Rossignol de mes amours, La Ballade irlandaise... Les arrangements réussis sont d'Angelo Zurzolo. Les chansons ne vivent que si elles se transmettent et Enzo Enzo les remet au goût du jour dans des adaptations modernes, aux ambiances douces et jazzy... Tout en quiétude, ce disque adoucira les plus fortes (petites) têtes qui l'écouteront.
www.naive.fr
Céline Moineau |
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